La croyance en l'immortalité est inscrite au cœur même des religions, des mythes et s’illustre à travers de nombreuses formes symboliques et cultuelles. Tout comme l'immortalité de l'âme, elle traverse les siècles, à partir des textes les
Les plus récentes découvertes de la biologie et de la génétique se sont à leur tour emparées de "l’immortalité" pour en faire un objet fondamental d’étude et reprendre plus rationnellement cette quête permanente.
Ce glissement progressif du métaphysique vers un pragmatisme scientifique de l’immortalité, le passage de l’immortalité de l’âme à une matière biologique perpétuelle, provoque de nombreuses expériences transdisciplinaires qui convoquent la biologie moléculaire, la génétique, la génomique, l’immunologie, les nanotechnologies, mais aussi les disciplines émergentes qui traitent du corps et du vieillissement, à travers les médecines génératives, la chirurgie esthétique, etc.
Si les résultats de ces expériences significatives sont encore partiels, ils témoignent d’une puissante aspiration à promouvoir de nouvelles formes de sociétés utopiques.
La théorie de la réincarnation, par exemple, repose sur la croyance en l'immortalité de l'âme, entité spirituelle qui ne meurt jamais et qui quitte le corps pour se retrouver sous une forme animale, végétale ou humaine.
Dans les religions hindouiste et bouddhiste, les âmes enchaînent les existences humaines ou animales. Selon les cultures orientales influencées par l'hindouisme et le bouddhisme, les circonstances dans lesquelles l'individu se réincarne sont le fruit de ses actions, pensées et émotions passées.
En Afrique, on considère souvent que l'individu renaît dans le groupe de parenté ou le clan qui était le sien auparavant.
L'attitude des anciens Égyptiens face à la mort était influencée par leur croyance en l'immortalité. Ils considéraient la mort comme une interruption temporaire plutôt que comme la cessation de la vie. Pour assurer la perpétuation de la vie après la mort, les Egyptiens rendaient un culte aux dieux, tant pendant qu'après leur vie sur terre. Lorsqu'ils décédaient, on les momifiait pour que leur âme puisse réintégrer leur corps, lui redonnant le souffle et la vie.
Il en va de même avec le Golem, cet être mythique qui symbolise la matière que l’on peut animer de façon artificielle et qui peut devenir un danger pour son créateur.
Alors que le golem a été créé par la seule vertu d'une incantation particulière et mise en vie par les potentialités du texte, plus proche de nous, le Dr Frankenstein, de Mary Shelley, fabrique son monstre à partir de morceaux de corps humains.
Le mot golem signifie à peu prés "matière informelle" ou encore "Adam avant qu'il n'ait reçu une âme". Si, dans la tradition cabalistique, les grands maîtres de la doctrine secrète étaient censé posséder l'art d'insuffler, à des êtres de terre glaise, une sorte de vie végétative par le seul pouvoir de la parole, le docteur Frankenstein s’appuie sur les données biologiques et des forces physiques pour animer son monstre..
Du coté scientifique, les chercheurs connaissent depuis bien longtemps certains phénomènes du vivant observables, démon-trant un rapport probable avec la notion de l’immortalité.
Sur un plan général, en effet par opposition au soma, dont la destinée individuelle conduit fatalement à la mort, les cellules germinales peuvent être considérées comme douées d'immortalité potentielle; si elles rencontrent des conditions favorables, elles continuent à vivre en donnant un nouveau soma et un germen, réunis en un nouvel organisme. Le germen se continue à travers les générations successives comme une lignée sans fin et l’intérêt actuel porté aux caractéristiques des cellules sou-ches, se justifie pleinement
Ainsi le germen « possède le privilège de l'immortalité et reproduit infailliblement les caractères héréditaires des espèces au cours des générations successives»
(Pol. Bouin 1870-1962).
Richard Dawkins dans son livre « le gène égoïste » en déploie les aspects biologiques et les conséquences génétiques, ou-vrant les voies à une nouvelle approche du biologique.
La génération asexuée exclut théoriquement le phénomène de la mort des êtres unicel¬lulaires (amibes, infusoires), capables de se multiplier indéfiniment et qui peuvent être considérés comme potentiellement immortels. Les végétaux, qui se reproduisent constam¬ment et exclusivement par bouture, peuvent être considérés comme vivant indéfiniment, ce qui ouvre une voie réaliste aux hypothèses d’accès à une éventuelle à une immortalité future.
Mais ce qui se pose comme une des ruptures définissant l’ère post-biologique, c’est que la vision scientifique et constructiviste actuelle, ne considère plus le vivant comme un donné (naturel/divin), mais comme un projet.
Il faut donc constamment travailler à son amélioration, le modifier, l’adapter en fonction des différents paramètres et l’engager dans un dessein post biologique c’est à dire une destiné. Ainsi s’élaborent de nouvelles stratégies du vivant, s’appuyant sur des techniques scientifiques "ultramodernes", telles que la génomique, la thérapie génique, la biologie cellulaire ou le clonage thé-rapeutique et reproductif et qui laissent penser que la régénération d'une partie du corps humain est désormais possible et qu’il devient envisageable très prochainement d’intervenir en amont de la procréation pour opérer différentes modifications "bénéfi-ques".
Le prolongement de la vie est aussi au cœur de ces préoccupations. La médecine régénératrice postule que la sénescence programmée veut que l'âge limite soit inscrit dans nos gènes. Selon cette théorie, la longévité pourrait être prolongée si les scientifiques découvraient la nature et le fonctionnement de l'horloge biologique qui détermine notre programme de vie.
Par ailleurs, les agressions de l'environnement jouent un rôle essentiel dans la décrépitude du vivant et il parait possible d’intervenir à certains niveaux dans ces processus.
Ainsi, le vieillissement est à la fois la combinaison d'un programme génétique régulant la croissance et le développement de facteurs extérieurs entraînant des dommages que l'organisme ne peut pas réparer. Depuis plus d’un siècle et demi, la mort n’a cessé d’être repoussée.
L’UTOPIE d’une vie éternelle pourrait se trouver au coeur du pouvoir génétique et toutes les avancées biotechnologies ont pour objectif de provoquer, de façon explicite ou implicite, les conditions d’une mutation anthropologique décisive.
année: 3000 avant J.C.
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